Les régions du Sud-ouest de Madagascar

La région sud-ouest est sans doute la plus belle région de Madagascar. Vierge, sec avec des canyons d'où s'écoulent d'immenses rivières étincelantes et, bien sûr la mer au charme particulier. C'est la région des Vezo, ces pêcheurs nomades qui suivent les poissons du sud de Tuléar au nord de Morondave suivant les saisons. On peut arriver sur cette côte à bord d'une boutre ou pirogue en descendant la rivière Tsiribihina depuis Miandrivazo. la remontée du canal des Pansalanes sur la côte Est vous réservera des surprises de toute beauté.

La Route Morondava -Tuléar peut se faire par les pistes de la côte en taxi-brousse (4X4 nécessaire) afin de continuer l'aventure. Vous y traversez des villages à la rencontre de la population du sud qui est très accueillante. Les fameux baobabs de Madagascar vous y attendent. C'est d'ailleurs la région où en recense 7 espèces différentes. Unique au monde. Quant à Tuléar, capitale du sud-ouest tournée à la fois sur la mer et sur le désert elle est un carrefour régional animée et marchandes.

Le Sud de Madagascar
Nous avons gardé le meilleur pour la fin. Madagascar tire sa beauté de sa diversité. Aussi, s'il est une région vraiment différente des autres, c'est le grand sud me malgache. Le pays du bush et des cactus ou, si l'on préfère, le pays des morts. Car c'est bien avec les morts que les gens communiquent en permanence au bord des immenses tombeaux de pierres ornés de têtes de zébus qui pointent leurs cornes vers le ciel.
La patrie des Antandroy, pasteurs nomades qui régnent sur des millions de zébus, s'étend approximativement dans un triangle qui va de Fort-Dauphin à Betroka au nord et Tsiombe au sud-ouest. Là, où les pluies sont aussi rares qu'un bol de riz (qui est un luxe ici pour les habitants), s'est érigé tout un système de croyances et de relations sociales basé sur le culte des ancêtres et l'élevage des Bœufs.

Une naissance, et toute une partie du troupeau familial sera sacrifié au grand bonheur des invités qui ont l'occasion de manger là un peu de viande de cet animal quasi-sacré. Car, paradoxalement, le zébu n'est pas dans les habitudes alimentaires courantes des Antandroy. Véritable trésor, ou plut capital familial, on fait fructifier le troupeau le plus possible da l'attente d'une occasion de la consommer.

L'enterrement notamment, l'aboutissement tant attendu par le vieillard heureux retrouver bientôt ses ancêtres qui vont à leur tour le conduire vers Zanahary, le Grand Dieu. Car tout fonctionne avec un système de relais entre les vivants et les dieux (le grand dieu et les ancêtres déifiés). Le zébu étant la monnaie d'échange, l'équivalent des économies de toute une vie passée souvent case de branches, à chercher de l'eau dans les rivières asséchées.

Le Pays de Mahafaly
Le pays Mahafaly, qui part à l'ouest de la zone précitée, est peuplé par l'ethnie du même nom. Le culte du zébu est remplacé par celui de la chèvre, qui fournit avec sa laine magnifique tapis de type " mohair" aux broderies présentant : le plus souvent des " aloalo ", ces poteaux funèbres qui ornent les vastes tombeaux.
Les paysages antandroy et mahafaly sont similaires : allées de baobabs qui courent sur plusieurs centaines de kilomètres, abres-cierges (euphorbes) qui pointent leurs bras vers le ciel, pintades sauvages et surtout tortues de taies respectables qui sortent de leurs terriers au coucher du soleil.

Elles sont des milliers à traverser les pistes de terre entre Tuléar et Fort-dauphin à la recherche de fraîcheur du soir et de nourriture. Elles doivent leur survie et leur prolifération à l'interdit alimentaire (le fady) qui les protège d'une consommation effrénée. Malheureusement, les chauffeurs de camions qui traversent le pays sont rarement Antandroy ou Mahafaly et rares sont ceux qui ne ramènent pas un beau spécimen à la maison pour le repas du dimanche.

Enfin, au nord de ces régions, le plateau de l'Isalo offre une vaste région de canyons de basaltes. C'est la région de Ihosy, pays des Bara, les traditionnels voleurs de bœufs. Une tradition qui s'est transformée avec la misère croissante, en véritable mafia de bandits de grand chemin qui attaquent les diligences (des vraies, avec chevaux et passagers apeurés...). Mais c'est une autre histoire : un autre bout d'histoire de Madagascar, belle et farouche mais surtout indomptable !